Archive pour juillet 2007

Pour Meth

Samedi 28 juillet 2007

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Sissi, gardienne des enfers… (je vous jure qu’elle est vraiment sur cette photo!)

O.K. D’abord… Close up!
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Instantanés de la vie quotidienne LIVE ou Que faites-vous en ce moment même?

Jeudi 26 juillet 2007

Il me reste 30 minutes à vivre avant d’aller me coucher. Pour dormir. Rêver peut-être.

Avez-vous quelque chose d’important à me dire?

Ma nouvelle flamme

Dimanche 15 juillet 2007

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J’ai un nouveau gars dans ma vie. Ce n’est pas de ma faute : Mathys, 5 ans, se vante dans la cour d’école que je suis sa blonde. Et, franchement, avec des yeux pareils, je suis incapable de le contredire.

Hier, nous nous promenions sur la rue, main dans la main, je ressentais une étrange fierté, et quand on me disait Madame, je n’avais aucune protestation en tête. Un enfant, ça me va bien, et c’est pas vrai qu’on ne se fait pas reluquer. Le plus intéressant est que ce sont des hommes et non des gars qui louchent dans notre direction.

J’ai beau me sentir totalement nulle avec les enfants, ils m’aiment. Ils voient certainement quelque chose en moi que je ne vois pas. Je ne me précipite jamais sur eux, ils me fatiguent vite, je ne les aime pas tous en bloc puisque certains m’énervent, je tombe dans la lune quand leurs histoires abracadabrantes s’étirent, je refuse de leur parler en bébé, mais tout cela ne les empêche absolument pas de s’intéresser à ma personne et je n’ai jamais su pourquoi.

Nous sommes allés voir Ratatouille, et j’ai bien apprécié, mais je crois que Mathys aurait préféré Transformers

Hier, j’ai beaucoup pensé à ces gens qui sont parents. Je n’en reviens pas de l’abnégation qu’il leur faut avoir quotidiennement. On n’a même pas le temps d’aller pisser qu’on se fait dire « t’es où, quand est-ce qu’on joue? ».

En plus de se faire traiter comme un troupeau de veaux. Nous sommes passés par le site de Juste pour rire, où il y a quelques installations pour les enfants, et j’imagine que ce type d’endroit doit être assez rare pour que tous les parents s’y précipitent en bande comme ça. Il a fallu attendre une bonne grosse heure pour que Mathys puisse essayer la petite maison modulaire (un tunnel au troisième étage, glissade au deuxième, puis glissade sur un poteau jusqu’au premier, sortie dans un carré de balles… durée de l’opération : 30 secondes).

Pire encore pendant cette attente : des clowns poches pour divertir les mioches et les empêcher de hurler leur impatience. J’haïs les clowns, surtout les filles clowns, qui sont une espèce de mélange entre pédagogue, poète et granole. Il y en avait une qui se promenait les bras en l’air en criant « je vooooole! » d’une voix stridente.

-Elle ne vole pas vraiment, hein? me demande Mathys, incertain.
-Pas pantoute.
-Pas pantoute!!! répète-t-il en riant aux éclats.

Non mais, il y a des limites à niaiser le monde.

***
Les parents sont des êtres résignés à ce genre d’attente, toujours pour faire plaisir aux enfants, et moi, dans mon égocentrisme exacerbé, mes trucs de jet-setter pour ne jamais poireauter avec la masse, ça m’insulte. Tassez-vous, bande de gueux! Mathis est mon neveu, c’est le plus beau et c’est le plus fin!

Je n’ai pas osé. Je me serais fait guillotiner. Les enfants, ça vous ramène à la démocratie brutale. J’ai attendu sagement en jouant à faire le décompte : « tu es le dix-huitième, le douzième, le cinquième… Bientôt, tu seras le premier. » Et les autres marmots autour qui s’y mettent. « Moi aussi, je serai le premier!»

-Vous serez tous les premiers, que je dis, enthousiaste, pas loin de me sentir comme un prophète.

Un garçon, l’air grave.

-Pour être le premier, faut commencer dernier.
-C’est plein de sagesse, ça! Tu as quel âge?
-Neuf ans. Dans trois ans, je serai un préadolescent.

Comme il y avait de l’angoisse dans cette voix!

***

C’est le fun de servir aux enfants leur propre médecine. Ils répondent souvent comme des adultes.

-Mathys, crois-tu que je devrais avoir un enfant?
-Oui.
-Pourquoi?
-Parce que.
-Pourquoi parce que?
-Parce que. Mais ça coûte cher, il faut avoir de l’argent.
-J’en ai. Viens, on va aller t’acheter un livre, tu choisis.

Ce n’est pas entré dans l’oreille d’un sourd : il en a choisi deux. Un sur les dragons, un autre sur les dauphins.

***

À la maison, on a fait des pizzas, inspiré par la leçon de Ratatouille : tout le monde peut cuisiner. Mathys, qui a cet étrange don d’être en super forme sans jamais rien avaler (la phase du non, sans doute) a mangé toute sa pizza, principalement par crainte qu’on ne lui chipe ses morceaux, tellement on l’a complimenté sur sa recette.

Un bon truc, non?

***

Zhom et moi, nous nous sommes amusés à lui apprendre de nouveaux mots : Jankélévitch, Kierkegaard et Nietzsche. Il répétait ça à la perfection, c’était irrésistible.
-C’est quoi, Jankélévitch, Nietzsche?
-Des petites mousses.
-Ça existe mais ça n’existe pas vraiment?
-Exactement! Comment t’as fait pour deviner?

Avec un peu d’efforts, on va lui faire sauter le cégep.

***

Problème éthique auquel je n’avais pas pensé. Si je prends mon bain avec Mathys, est-ce que je me fous à poil? J’ai passé un coup de fil à une spécialiste : ma mère.
-Mets un costume de bain.
Je n’ai pas argumenté; j’étais plutôt soulagée.

Mais juste avant, Mathis me crie des toilettes qu’il a besoin d’aide.
Pour le torcher.
Une autre chose que je n’avais vraiment pas prévue. J’oubliais qu’à 5 ans, on peut à peine se tenir sur la bolle et qu’on craint de partir avec son petit cadeau en appuyant sur la chasse d’eau.

Zhom et moi, on s’est presque engueulé pour savoir qui allait se sacrifier.

-Mais c’est toi qu’il veut! Me lance Zhom, paniqué. Si je lui fais mal avec ma grosse main de monsieur, la police va débarquer!

J’ai pris ma face « d’adulte-qui-sait-ce-qu’elle-fait », mais j’avais envie de rire de moi pendant cette délicate opération. Une première, quand même.

C’est bien moins dégueu que de ramasser les crottes du chien.

***

Gros bain moussant, bataille de bulles. J’ai essayé de me protéger, mais j’ai dû abdiquer : rien ne pouvait plus sauver mon brushing contre une attaque de nuages sauvages.

***

Il est parti. J’ai ouvert une bouteille de rouge. Dégusté cette journée et l’accalmie qui la suit.

Ah, l’amour! Ça décoiffe, hein…

Sur le divan

Jeudi 5 juillet 2007

-Ëtes-vous heureuse?
-Heureusement, non.

Karma Police

Mardi 3 juillet 2007

J’écris le nez collé sur l’écran de mon portable, avec mes grosses barniques de 1990 qui ne sont vraiment plus à niveau pour contrer ma myopie, tout ça parce que mon œil droit a violemment rejeté mon verre de contact aujourd’hui. Puisque je n’ai pas de lunettes parce que je refuse les lunettes, je n’ai pas d’autre back-up que cette vieille paire ridicule qui me donne l’air de Dany Verveine…
C’est peut-être parce que je me suis frottée les yeux de mes doigts collants de Vick’s Vaporum, parce que oui, tabarnak, j’ai une câlisse de grippe, en plein mois de juillet! Voilà ce qui arrive lorsqu’on refuse à son corps le soleil d’été en préférant lui faire subir l’air climatisé d’un bureau éclairé aux néons. Et puis, c’est quand la dernière fois que je me suis permis de baiser d’aplomb? Je veux dire, pas sur le pouce, mais sur toute la main? Alors qu’il y a un gars bandé 24h sur 24 dans la même pièce que moi?
Sur la rue, je pleurais d’un seul œil, très douloureux, mais je morvais des deux narines, tout en essayant de retrouver le chemin de la maison sans me faire écraser par les voitures, le regard noyé, les mains pleines de Kleenex souillés. À quoi sert de se faire belle ces jours-là ? La pluie m’est tombée dessus dès que je suis sortie de la coiffeuse, en plus!
Ah! Et puis, je me suis cogné le petit orteil sur le pouf du salon.

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