Archive pour avril 2006

Un couple, un avenir

Dimanche 30 avril 2006

bukowski 03

La vie Ă deux, c’est merveilleux, pour ceux qui s’aiiiiiiiiment….

Un spleen qui a du chien

Samedi 29 avril 2006

monchien

Je regarde ce chien que j’adore et je n’arrive pas à savoir si sa névrose est héréditaire ou bien causée par la fumée secondaire. Elle est obsédée par mes souliers, tourne autour en couinant, devient folle quand je fais seulement mine de les toucher. Je finis par les cacher tellement elle en devient exaspérante et chaque fois, dans une sorte de réflexe nerveux, elle file manger quelques croquettes dans son bol, les yeux fous. Je n’ai jamais compris pourquoi.

Je devrais la sortir plus souvent. Il serait vraiment temps qu’elle passe chez le toiletteur. Six mois sans bain, la pauvre, elle sent la salle de bingo ou le vieux taxi. Ce chien est un pauvre filtre de six livres qui doit subir quotidiennement les 60 cigarettes de ses deux maĂ®tres inconscients. Ses poils ont tellement poussĂ© qu’on ne voit plus ses pattes, elle porte la Longueuil maintenant, et ses griffes sont trop longues, on dirait qu’elle fait de la claquette quand elle trottine – c’est-Ă -dire sans arrĂŞt- ce qui reprĂ©sente un dĂ©fi permanent pour nos nerfs. Une excroissance bruyante de ma personne, chaque fois que j’effectue un mouvement.

Dès que je m’installe sur le divan ou au lit, il lui faut absolument se caler derrière mes jambes placées en V, la tête dans le creux des genoux, bien entourée de mes mollets et de mes cuisses. Puis, elle se met à déglutir dix fois par minute, son petit gorgoton chatouille ma peau, ce qui est amusant, sauf lorsque je fais de l’insomnie. Je lui murmure amoureusement : « Sissi, petite conne, tu es le chien le plus ridicule qui ait jamais existé… » et ça la fait gémir de bonheur, la nounoune.

Quand je suis devant l’ordinateur, elle me gratte le genou, me fixe de son regard triste où l’on devine tout de même l’espoir. Je ne peux que céder. Alors elle fait la sieste dans le triangle de ma pose en indien pendant que j’écris les coudes un peu plus relevés. Je n’ai pas le cœur de la déranger et je finis par avoir d’atroces fourmis dans les jambes.

Mes lectures d’après-midi se font toujours dans un bain chaud et je ne peux m’y glisser tant que mon chien n’est pas entrĂ© sinon elle va pleurnicher Ă la porte et je vais devoir mouiller le plancher pour lui ouvrir. Elle adore l’humiditĂ© de la pièce mais encore plus dormir en boule sur ma vieille robe de chambre ratatinĂ©e au sol. Elle ne bouge jamais quand je veux la reprendre et je me sens tout le temps coupable de la dĂ©loger, surtout que madame refuse, elle fait exprès pour ĂŞtre lourde, je dois secouer la robe de chambre pour la faire dĂ©coller. Pour se venger, peut-ĂŞtre, elle machouille toutes les petites culottes qu’elle peut trouver.

Il n’y a rien qui ne la rend plus heureuse, à part la bouffe, que de me voir prendre le chemin du lit, le soir. C’est son moment préféré. Elle m’attend dans les couvertures, les oreilles dressées, la queue frétillante et les yeux brillants, elle saute comme un lapin aux quatre coins du matelas, puis roule sur le dos, lascive, les six tétons dressés et les pattes molles. C’est l’heure des câlins, je n’ai pas le choix. Puis je lis quelques pages pendant qu’elle utilise la couverture comme un hamac tendu entre mes jambes. Lorsque j’éteints, elle se redresse, va au pied du lit, soulève furieusement la couette à coups de museau pour se glisser en dessous. Avant de dormir, elle me lèche méticuleusement les orteils un à un. Une vraie pro, ça ne me chatouille même pas, je dirais plutôt que ça me détend. Elle ne sortira pas du lit tant qu’on y sera et le matin, quand le réveille sonne, elle semble me dire, poisseuse de sommeil, « reste encore un peu, allez… ».

Depuis qu’elle est là , les matins sont plus difficiles et les déprimes le sont moins. Comment croire au sérieux de la vie avec un tel chien?


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Lady, une bibliographie sélective

Jeudi 27 avril 2006

À la demande de Catherine, mais surtout pour mon propre plaisir (il faut toujours être honnête), j’ai farfouillé dans le fouillis de ma bibliothèque pour trouver tous les livres qui peuvent entrer dans ces rubriques : Journaux, correspondances, lettres, mémoires et pensées. L’exercice a été heureux, puisqu’il m’a fait comprendre que mon penchant était beaucoup plus profond que je ne l’imaginais.

Dites-vous que tous les livres de cette bibliographie ont été ouverts. La plupart ont été lus, d’autres restent à finir. Bon dieu, je suis émue!

Dites-moi, et c’est très honnête toujours, quels sont les livres dans les mêmes genres qui vous ont marqués. Je veux vos suggestions!

Mes préférés :

Mémoires, lettres et pensées du Prince de Ligne.
Maxime, anecdotes et caractères de Chamfort
Mars, Fritz Zorn
Mémoires de Saint-Simon, Tome 1 de la Pléiade.

Dans la collection le Temps retrouvé du Mercure de France (la meilleure!):

-Lettres de la princesse Palatine, 1672-1722
-Mémoire de la comtesse de Boigne, Du règne de Louis XVI à 1820-Mémoires de la baronne d’Oberkirch, sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789
-Mémoire de Madame Campan, première femme de chambre de Marie-Antoinette
-Mémoire sur Louis XV et Madame de Pompadour, par Madame du Hausset

LITTÉRAIRE

Journal littéraire, pages choisies de Paul Léautaud.
Journal particulier, Paul Léautaud.
Cahiers , Cioran, 1957-1972
Correspondance de Bukowski
Le livre de l’Intranquillité de Fernando Pessoa
Journal de Saint-Denys Garneau.
Lettres Ă ses amis, Saint-Denys Garneau.
Journal inédit de Sade
Nouvelles pensées échevelées, Stanislaw Jerzy Lec
Journal d’un écrivain, Virginia Woolf
Journal de Kafka
Correspondance 1902-1924, Kafka
Journal de Jules Renard
Journal de Kurt Cobain
Mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand
Mémoires d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir
Proust, correspondance avec sa mère
Confessions de Saint-Augustin
Ma vie, Lou Andréas-Salomé
Correspondance de Flaubert, 1857-1864
Une petite fin du monde Laurent-Michel Vacher
Illuminations et nuits blanches de Carson McCullers
Face aux ténèbres de William Styron.
La difficulté d’être, Jean Cocteau.

De Léautaud, du blogue et du côté obscur de l’écriture

Dimanche 23 avril 2006

Leautaud2

Quel dommage pour moi si ce Journal n’est publié qu’après ma mort. Il intéressera probablement et je ne serai pas là pour voir ce qu’on en dira.

-Paul Léautaud.

Je n’excuserai jamais aucun de mes penchants. Ils sont moi. Les désavouer, voilà qui serait pathétique – le mot de la semaine!- à moins de le faire par coquetterie, justement l’un de mes nombreux penchants…

Le destin m’a conduit au blogue, mais il m’était en fait destiné. Je suis une inconditionnelle des journaux et des correspondances, ma bibliothèque est là pour le prouver. De l’expérience humaine, captée sur le vif, soulagée des fioritures, désencombrée des artifices. J’avoue, sans méchanceté aucune, m’ennuyer sur les blogues poétiques. Je me demande même si la poésie n’est pas qu’affaire de passionnés. Or, je ne l’ai jamais été et, par conséquent, n’ai jamais été capable de poésie.

Ma seule vraie période « poétique » a duré de 13 à 18 ans. Ensuite, ce fut strictement le roman. Mais plus je vieillis, plus j’ai peine à trouver des écrivains qui ne me donnent pas l’impression de me faire perdre mon temps. Rien qui ne m’énerve plus que de lire un auteur qui semble écrire avec un dictionnaire de synonymes, quand je sens derrière son écriture non pas l’esprit, mais cette fierté d’être complexe et obscur (pour rien!), ce torse probablement bombé d’avoir écrit cette phrase interminable et alambiquée qui gêne ma lecture. J’ai déjà confié à mon journal intime : On a les haines qu’on peut… Je hais les métaphores. Depuis, chaque fois que j’en commets une, j’ai honte, un petit peu…

« Que n’ais-je lu plus tôt certains écrivains, au lieu de perdre des années à lire les poètes en vers ou en prose et à m’y plaire. Quand j’ai lu Chamfort, Rivarol, Diderot, Voltaire, les fantaisistes anglais, les mémorialistes et anecdotiers du XVIIIe – les petites expériences déjà de la vie et une grande faculté d’observation complétant – c’est là que je me suis reconnu. Je l’écris avec conviction, avec plaisir : c’est la dernière qualité d’un livre que d’être bien écrit. » (Léautaud)

C’est toujours un savoureux petit pĂ©chĂ© d’orgueil d’apprendre qu’un de nos Ă©crivains prĂ©fĂ©rĂ©s partage les mĂŞmes goĂ»ts que nous, qu’il a vĂ©cu les mĂŞmes rĂ©vĂ©lations. L’attirance s’explique ainsi par un reflet flatteur pour le lecteur. C’est ce que je suis en train de dĂ©couvrir en lisant ce charmant petit livre de Philippe Delerm « Maintenant, foutez-moi la paix! », oĂą il nous propose sa lecture de LĂ©autaud. L’expĂ©rience commençant enfin Ă se faire sentir, mes goĂ»ts littĂ©raires fonctionnent aujourd’hui Ă la manière des poupĂ©es russes. Je ne suis les suggestions de personne sauf celles des Ă©crivains qui me plaisent – ce sont les meilleurs lecteurs. Je devrai maintenant lire Delerm, puisqu’il lit si bien LĂ©autaud! Bien sĂ»r, j’ai ressorti les pages choisies du monstrueux Journal littĂ©raire (six mille pages) de ce misanthrope professionnel… (J’ai aussi une copie assez rare de son « journal particulier » qui ne traite que de ses histoires de fesses, moins intĂ©ressantes que ses amours avec ses animaux, c’est tout dire!)

… DU BLOGUE…

Parlant de misanthropie, je n’ai pu m’empêcher de rigoler en écoutant le reportage sur le « côté obscur du blogue ». Cette absence de chaleur humaine, quelle angoisse! Ces relations virtuelles, quel aveu de faiblesse! Mais vous n’avez donc pas encore compris? Le blogue, c’est la communication débarrassée de l’homme! C’est la preuve même de notre misanthropie! Vous n’avez pas encore accepté que votre prochain, de trop près, vous emmerde? Que vous n’avez pas envie de l’entendre sauf s’il parle de vous, d’où les systèmes de commentaires?

C’est le dialogue sans interruption, mais ce n’est pas le soliloque, puisqu’il y a réponse, donc réaction. C’est merveilleux. Il lui manque le langage physique? Le non-dit? Mais c’est tant mieux! L’esprit se révèle d’autant plus, sans parler des sensibilités nées des quiproquos! Je suis, en personne, une caricature de moi-même. Je souris toujours. Je ne fais aucune vague. Je ne me confie surtout pas. Vous en savez plus ici que vous n’en saurez jamais en me parlant. Et en même temps, cela ne vous donne aucunement le droit de dire que vous me connaissez. C’est parfait.

J’impose à ceux qui me lisent le meilleur de moi-même. Ils sont éblouis, ils sont déçus, cela n’a aucune importance. L’avantage est que je n’ennuie personne puisque les curieux sont ici volontairement, pour leur bon plaisir, et que je ne suis jamais en dessous de moi puisque je n’offre que ce qui me plaît. La totale.

… ET DU COTÉ OBSCUR DE L’ÉCRITURE.

Ce n’est pas mon penchant pour le blogue qui m’inquiète, Ă vrai dire. Je m’en tape. Je ne suis pas vraiment dĂ©pendante du blogue, mais de l’écriture et de la lecture – le blogue n’a fait qu’aggraver les choses et j’ai vainement tentĂ© de l’utiliser comme le petit trou d’un presto qui mijotait dangereusement. J’y pense Ă toutes les 15 minutes, comme la cigarette. Il m’arrive trop souvent de dĂ©sirer plus fort le livre qui m’attend que la conversation que je suis en train de subir, comme il m’arrive de tomber dans un stress insupportable Ă l’idĂ©e de perdre une idĂ©e de texte pendant qu’on me babille dessus.

Je trouve franchement anormal que l’écriture soit, sous diverses formes, mon métier, mon passe-temps, ma béquille, ma psychanalyse, mon oxygène, ma perversion, mon jeu, ma maladie et mon remède… Delerm dit de Léautaud : Moins il fait de littérature, plus il écrit. Il ne m’en fallait pas plus pour me rappeler ce que j’avais écrit à 26 ans dans mon propre journal : C’est décidé : je ne serai jamais écrivain. Quel soulagement! Je vais enfin pouvoir écrire.

C’EST EXACTEMENT CE QUI EST ARRIVÉ.

La fille qui suivait les vieux

Lundi 17 avril 2006

Elle suit un homme. Ce n’est pas la première fois. Du cou tanné par le soleil jusqu’à la ligne parfaitement taillée des cheveux, elle peut observer la nuque, qui, à bonne distance, ressemble à celle de son père, bariolée de rides chaleureuses. La taille, la démarche, les vêtements, l’âge : il a tout ce qu’il faut pour qu’elle puisse se délecter de son petit jeu cruel. Elle se sent comme une prédatrice pleine d’amour. Il suffit que son esprit puisse croire ne serait-ce qu’une seconde que cet homme est son père pour gagner la partie, avant qu’une terrible vague de douleur ne la renverse, et qui fait, elle aussi, partie du petit jeu cruel.

Elle marche à une distance raisonnable pour ne pas se faire remarquer, mais surtout pour que l’illusion soit la plus parfaite possible. Il lui faut un certain flou pour que son imagination débordante d’espoir polisse, sans se faire prier, les contours de l’apparition désirée. Lorsque l’homme tourne la tête et laisse trop voir sa différence, elle plisse les yeux pour brouiller son regard ou fixe le vide par-dessus l’épaule de l’inconnu. Il ne faut pas que sa concentration dévie, sinon il lui faut tout reprendre du début. Celui-là boite, et cette vulnérabilité inattendue la blesse davantage, sans rompre le charme, ce qui est encore mieux.

Il lui arrive donc, pendant quelques secondes, de croire à l’apparition de son père. Elle juxtapose la présence réelle, en chair, en os et en mouvements, d’un inconnu à une multitude de souvenirs précis et soigneusement sélectionnés pour que le miracle se produise. Car c’en est un d’oublier, pour quelques secondes, qu’il est mort.

Elle se dit que ce serait bien qu’il existe l’équivalent des agences d’escortes pour les orphelines comme elle. Elle choisirait un homme du même gabarit, l’habillerait des vêtements de son père qu’elle a sauvés et soigneusement conservés dans ses propres tiroirs, l’aspergerait de son parfum préféré, lui intimerait le silence et s’abandonnerait dans ses bras. Elle serait prête à payer pour ça et comprend mieux le travail des putains, aujourd’hui.

L’autre aspect du petit jeu cruel, tout aussi important, peut-être même plus, est de raviver la douleur de la perte pour la ramener à la même puissance qu’au jour fatidique. Mais, à sa grande surprise -sinon à son grand désespoir, ce qui, sans qu’elle ne le comprenne, la rassure- elle découvre que cette douleur ne cesse d’empirer, que le jour fatidique n’est rien d’autre qu’une date. Il faut du temps pour que le manque se creuse, cela ne se fait pas en un jour, elle n’aurait jamais suivi des hommes dans la rue avant, encore moins ce jour-là . En fait, elle conçoit maintenant qu’il est impossible d’imaginer l’éternité sauf en certains moments d’extase très brefs, de ces révélations rapides qui laissent à peine entrevoir les dieux. Mais de ces ruptures avec le réel, autrefois artificiellement provoquées et très rares, elle est aujourd’hui saturée, plusieurs fois par jour.

Elle marche donc régulièrement à côté d’elle qui lui semble une étrangère, cependant qu’elle marche derrière des étrangers qui ressemblent à son père.


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La philosophie après le Boudoir

Dimanche 16 avril 2006

exorcist

Je crois à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle….

Mon Dieu, pardonnez mes péchés et redonnez-moi les neurones que j’ai perdus hier. C’est la faute à Pat B. C’est la faute à Stéphane et Luis. C’est la faute à Lagreff. Mais non! Je sais! C’est ma faute, ma faute, ma très grande faute…

J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir…


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Bukowski vous parle

Samedi 15 avril 2006


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