The Man a réponse à tout
Mardi 21 février 2006-Qu’est-ce que tu penses de la poésie de Claude Gauvreau?
-Facile: il faut le lire à l’envers dans un miroir.
-C’était donc ça!
-Qu’est-ce que tu penses de la poésie de Claude Gauvreau?
-Facile: il faut le lire à l’envers dans un miroir.
-C’était donc ça!
Pire que la grippe, il y a l’insomnie. Elle me tourmente depuis deux mois, mais cette semaine, sans savoir pourquoi, elle s’est imposée cinq jours de suite et je n’ai pas dormi plus de dix heures sur cette période, ce qui m’a été très pénible, moi qui dors comme un loir depuis ma naissance.
LECTURES
-Terminé les Lettres de la Princesse Palatine. On se sent live à Versailles, pendant le règne de Louis XIV.
-Lunar Park de Bret Easton Ellis. Lu en deux jours (plutôt deux nuits d’insomnie). Cela faisait un bail que je n’avais plongé aussi intensément dans un roman.
-L’Orage, recueil de nouvelles de Romain Gary. À bout de souffle est ma préférée, mais il s’agit, malheureusement, d’un début de roman dont on ne connaîtra jamais la fin.
-Commencé La Cloche de détresse de Sylvia Plath et Les Trois modes de conservation des viandes de Moutier.
-Les miscellanées de Mr. Schott. Lecture de chevet qui m’aide à penser léger avec le sommeil. Saviez-vous qu’il y avait 8000 cigares à bord du Titanic? Que le chien de Lord Byron se nommait Boatswain? Suis-je Autocheïrothanatophobiaque?
CINÉMA
-Broken Flowers de Jarmush. L’impression de découvrir le pénible lendemain de party de boomers…
-Doctor Jekyll & Mister Hyde de John S. Robertson (1920). La musique d’orgue de cette version était tellement affreuse qu’on n’a pas pu se rendre jusqu’au bout. Avec le grand-père de Drew, John Barrymore.
-Match Point de Woody Allen. Superbe.
-Imagine Me & You. Histoire d’amour plate et nunuche entre lesbiennes, qui fait plus dans le fascicule éducatif d’ouverture à la différence qu’autre chose.
SPECTACLES
-Plusieurs soirs au FVA, mon festival préféré. Suivant les recommandations de Tony Tremblay, j’ai enfin pris le temps de manger des tapas à la Sala Rossa (merci Tony!). Pas vu Maxou, mais croisé Brigitte Caron et Léon-Guy Dupuy (qui a échangé son numéro avec mon accompagnatrice, potin-potin), ainsi que Michel Vézina, un type fascinant que j’ai bien envie de connaître plus.
Le seul hic est que j’étais cette fois moins fébrile et disponible pour la fête. À cause des insomnies et aussi parce que je me souvenais avec nostalgie de mon plaisir de l’an dernier. Tant de choses sont arrivées depuis…
MUSIQUE
On écoute en boucle Amour Oral de Loco Locass en se disant que, musicalement, c’est l’un des meilleurs disques québécois depuis longtemps.
BLOG LIFE
Petite joute entre L’Espiègle et moi, que je n’ai plus envie de poursuivre, même si c’était bien divertissant. La vérité est que je trouve cet échange épuisant et que ma légendaire politesse m’impose une certaine décence lorsqu’il s’agit de parler de mon bonheur… De toute façon, je me lasse très vite de tous les débats, d’autant plus Madame Bombardier signait hier dans Le Devoir un article avec lequel je suis d’accord, ce qui m’effraie.
MONDANITÉS
Un souper chez Dany Laferrière et sa compagne Maggie qui nous ont fait découvrir la cuisine haïtienne. Paraît-il que plus l’angoisse est grande, plus le saumon est réussi – et il l’était. Difficile de croire que Dany puisse éprouver une quelconque angoisse, il rigole tout le temps. Rien de plus plaisant que de rencontrer des gens qui nous ressemblent… Je tais toutes les blagues qu’on a pu commettre pendant la soirée!
Un soir de débauche et de substances illicites, The Man et moi avons eu envie de faire des cadavres exquis. Je viens de les retrouver… De la poésie pure! Contactez Poètes de brousse!
CADAVRE NUMÉRO 1
L’empire en perdition,
qui mangeait ses crottes de nez le cul collé
sur des siècle de tourmente
Au niveau de ses aisselles poilues et odorantes
Pas loin d’être une philosophie de vie
CADAVRE NUMÉRO 2
La marquise sortit à cinq heure
de son propre fils qui
avait l’air d’un con fini et repu
sans autre soucis que la faim dans le monde, la maladie
et la perte de l’innocence et de la virginité,
symboles désuets de l’Amérique.
CADAVRE NUMÉRO 3
Ma cigarette s’est éteinte
Sur la bouille des artistes et des enfants
Éberlués par tant de déchets merveilleux
Et de choses aussi insignifiantes que les roses rouges
et les cadavres amusants d’aujourd’hui.
Vous m’excuserez, L’Espiègle, de ne pas avoir répondu plus tôt à votre envie de débattre. Je n’avais pas le temps de travailler à une savante réplique, trop occupée à me faire plaisir avec mon homme. Que voulez-vous, les couples sont comme ça, ils ne pensent pas aux célibataires tandis que ceux-ci sont obsédés par nous…
D’accord, je vais jouer avec vous, puisque vous insistez, ce sera la lionne repue observant la gazelle espiègle qui gambade “librement” dans le pré.
En fait, il n’y a pas vraiment matière à débat ici, les conseils de Bitch Valentine s’adressant aux couples ou à ceux qui veulent en former un. Je voulais encourager ces valeureux qui subissent les foudres et la propagande des esseulés. C’était mon modeste cadeau de la Saint-Valentin, que je n’ai jamais célébrée, pour la simple et bonne raison que pour les amoureux, c’est la fête de l’amour tous les jours.
Je dois vous avouer que je suis un peu déçue par vos arguments que vous m’aviez promis dangereux et imparables. D’abord, ce fameux anniversaire dont tout le monde se fout sauf ceux qui oublient de s’aimer. Vous la ressortez tous les ans, celle-là , c’est à croire que ça vous blesse vraiment. Ensuite, cette inévitable liberté dont tous les célibataires se réclament et à laquelle je ne crois pas. Si c’était vrai, ils cesseraient de nous en vouloir! Ils en jouiraient et on pourrait peut-être commencer à douter!
Je crois sincèrement que le célibat peut être un statut enviable, et même un mode de vie formidable lorsqu’il est assumé – je ne fais confiance qu’aux vieux pros dans ce domaine, jamais aux jeunes, car il y a de ces fébrilités un peu trop louches qui ne trompent pas (quatre commentaires, un appel au débat, une envolée lyrique pleine de retouches, c’est vraiment, heu.. spécial.)
Liberté! Ils n’ont que ce mot à la bouche, mais ils sont pourtant esclaves du moindre regard, du moindre petit signe qu’on daignera leur adresser. Toujours en représentation, jamais relax; incapables de soutenir une conversation, ils regardent tout le temps derrière vous pour ne rater aucune occasion – ils en perdent la cervelle, c’est d’un ennui mortel. Les bars et les cafés sont remplis de ces zombis aux pupilles dilatées par l’attente et l’espoir. Bien souvent, la déception suit, le regard se voile et ils repartent à la maison les épaules voûtées. Personne n’a vu leurs efforts, leur beauté, leur charisme, personne n’a senti leur parfum, ni vu ce nouveau chandail et personne n’a compris, c’est bien ça le plus triste, qu’ils sont si libres.
De retour à la maison, ces pauvres âmes en peine continuent de se trouver libres dans leurs lits trop grands, et se répètent inlassablement « Je suis libre » pour s’en convaincre – n’ayant pour seul réconfort qu’un sac de biscuits au chocolat, qu’ils grignotent en se disant qu’ils ont tellement de chance de pouvoir manger des biscuits au lit sans être dérangé ou sans déranger personne. Cela m’arrive d’y penser après l’orgasme, en partageant mes biscuits avec The Man, et je vous jure que cela me chagrine.
Et cette légende urbaine de l’aventure au coin de la rue! Bon dieu! Le cliché! Quiconque n’a jamais vécu en couple ne peut savoir ce qu’est la grande aventure! Pas moyen de se sauver dans sa garçonnière dès que ça chauffe un peu trop, c’est du 24 sur 24! Les célibataires pratiquent l’amour avec filet et capote; ils ne prennent aucun risque, ne se donnent jamais en entier, s’offrent par petites miettes à plusieurs bouches; c’est soit la tête, soit le cul, et il faut absolument protéger ce cÅ“ur fragile qui pourrait bien brûler sous la chaleur. S’il s’emballe, il pourrait se briser, aussi… L’éternel Club Med des émotions.
Alors que les amoureux, eux, prennent le risque de se faire broyer, font fi du danger et du temps qui passe, n’arrêtent pas leur ascension de la montagne quand l’air vient à manquer. Ils acceptent courageusement d’exposer toutes les facettes de leur être, sans tricher, et ainsi se libèrent en se donnant et en donnant à l’autre le droit d’être vrai, donc d’être soi. Des conquérants!!!
La différence entre la passion éphémère et l’amour véritable est la même qu’entre l’éclair de génie et le chef-d’œuvre.
Quelques trucs pour les analphabètes de l’amour – Première Partie
(Ce que vous ne lirez jamais dans les magazines féminins)
-Les secrets d’un couple qui dure : snobisme, arrogance et mesquinerie. Vous devez vous croire sincèrement meilleurs que tous les autres couples. Regardez-les avec pitié, condescendance ou mépris. Et le soir, sur l’oreiller, riez d’eux.
-Faites de votre couple un mythe. Remémorez-vous régulièrement les hauts faits de votre épopée amoureuse et adoptez le point de vue de César pour l’écrire. Aucune humilité n’est permise (même les chicanes doivent être sources de fierté).
-L’herbe n’est jamais plus verte chez les voisins, soyez en certains. Ils utilisent des pesticides ou pire, leur gazon est synthétique. Affreux.
-Chaque année de plus ensemble en est une qui vous éloigne de l’amateurisme. Pensez-y.
-Si le ménage est source de conflits, cessez de faire le ménage.
-Les thérapies de couple sont pour les perdants. S’il vous arrive de vous abaisser au doute, baisez.
-L’adultère est la triste solution des désespérées et des lavettes. On n’est plus au 19e siècle, personne ne vous a forcé à la monogamie : vous avez sincèrement, en toute conscience, choisi cette voie. Pour vous, l’amour est la perversion suprême pour laquelle vous privez l’humanité tout entière de votre indispensable présence et de votre corps magnifique. C’est terrible, mais c’est comme ça.
-Protégez votre territoire et restez sur vos gardes. Votre couple est si formidable que tout le monde vous en veut. C’est la jungle dehors.
-Ne répondez ni à la porte ni au téléphone, lorsque vous êtes ensemble. Ce sont encore des célibataires qui s’ennuient et ils vont vous gâcher la soirée avec leurs pathétiques histoires de cul.
***Spécial débutants***
-Fille : Laissez faire le jardin secret, vous êtes trop jeune pour en avoir un. Tout ce que vous tentez de protéger est un petit carré de terre brune et aride. Votre supposé jardin secret a besoin de soleil, d’amour, de peines, de larmes, de rires, de foutre, et de beaucoup d’autres choses pour qu’il puisse y pousser quoi que ce soit d’intéressant.
-Gars : Ne jouez pas les mystérieux. C’est d’un ennui total et surtout, cela indique que vous avez une peur bleue qu’on ne découvre le vide sidéral qui vous habite.
Dommages collatéraux de l’auto-critique
Les gens se reconnaissent souvent dans mes exaspérations, que j’expose parfois avec trop de franchise. Le malheur est qu’ils comprennent rarement qu’elles sont inspirées par ma propre personne. D’où, probablement, leur stridence aux oreilles de ceux qui ne jouent pas de cet instrument. Mais que puis-je faire face à des gens aussi égocentriques que moi, qui s’imaginent que je les critique alors que je suis mon principal sujet? Je les blesse par ricochet pendant que je guéris les plaies que je m’inflige quotidiennement.
…Avec 1400 vies fauchées par année, le suicide est la première cause de décès chez les moins de 40 ans dans la Belle Province…
La théorie de Cioran:
Pour se tuer, il faut être surpris par le malheur, il faut être apte à concevoir autre chose que lui. Seule une âme fraîche envahie par les déceptions peut se résoudre à un acte aussi capital. Celui qui s’est habitué à ne plus croire à la vie, pleinement exercé à ne plus rien attendre d’elle, n’osera jamais conclure par un geste une amertume invétérée.(…)
Pour en finir avec soi-même il est indispensable d’avoir imaginé le bonheur pendant longtemps, d’être disponible à la nouveauté, et d’être écrasé par l’inouï. (…)
De quoi se défaire, quand on n’appartient plus à rien, quand on ne peut plus mendier aucune illusion, quand les larmes demandent une prodigieuse initiative et des ressources immenses? Le suicide, c’est encore de l’enthousiasme, c’est encore de l’inspiration: un jeune malheur entreprenant, trop assoiffé d’action et soumis aux réflexes.
-Exercices négatifs.