Tranches de vie - Again!
6 février 2008Les soupes en shooter, une façon cheap d’avoir l’air chic. Surtout quand on vous donne une cuillère qui n’est d’aucune utilité.
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Déléguer, le mot que je dois apprivoiser. Je sous-estime toujours le nombre d’heures de sommeil dont j’ai besoin pour simplement être fonctionnelle dans la vie de tous les jours. J’organise mon horaire selon mes fantasmes, jamais selon la réalité.
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La joie dans mon cœur… et je supporterai tout le reste. C’est ce que j’ai demandé à mon père la dernière fois que je suis allée le visiter, en janvier, au columbarium. Trois jours après, j’avais des ennuis de santé, et ça concernait justement le cœur; j’ai eu si peur que j’ai compris que j’aimais vraiment la vie. Papounet n’a jamais été d’un naturel délicat quand il me faisait la leçon – je me souviens encore de ses claques, du doigt raide au creux de mes omoplates qui martelait ses propos heureusement brefs, (« Tu vas me donner un cancer du sein! », que je pensais), et de son regard haineux qui ne me concernait pas vraiment, tant il y avait de fantômes derrière, et c’est cela qui me terrifiait. J’oubliais tout quand, à la dérobée, je reconnaissais la peur de l’enfant qu’il a été, et l’envie immense qu’il avait de me dire qu’il m’aimait. Dans les deux cas, je pouvais rien pour lui, même si je comprenais.
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On me demande quel était ce fameux livre dans la salle d’attente de l’urgence d’un hôpital. Vous connaissez la formule : parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en. Je ne veux même pas donner à ce bouquin une publicité négative.
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Mon conseiller financier a changé de succursale et ça me rend triste. Il avait parfaitement compris mon désintérêt total pour les REER et me parlait plutôt de ses voyages. Il est parti parce qu’il n’y avait pas de fenêtre dans son bureau et je trouve que c’est une excellente raison. Vraiment, je n’ai jamais rencontré un monsieur travaillant dans une banque aussi sympathique – il prenait autant que possible des sabbatiques. Il a été remplacé par un type, rétrogradé dans ses anciennes fonctions, et qui semble au bord du suicide, n’ayant pas encore avoué son orientation sexuelle à ses parents passé la quarantaine. « Le plus important est de savoir si vous êtes préoccupée par les nouvelles concernant les marchés boursiers, avant d’effectuer vos placements. » « Honnêtement, monsieur, je m’en tape. Cet argent-là n’existe pas pour moi, parce qu’il représente un temps que je ne suis pas du tout certaine de connaître. Il peut être là ou disparaître, je n’y pense jamais. »
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On vieillit, certes, mais avec cela, des vérités charmantes nous sautent au cou – ou à la gorge. Nous n’avons plus à courir derrière elles, puisque ce sont elles qui viennent nous séduire. Nous n’avons plus à les espérer; elles sont là . Pourquoi résister?
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C’est rare, mais je ris parfois de cette souffrance innommable de l’absence de mon père, je ne la renie certainement pas, c’est l’étonnement continu qu’elle me procure qui me fait rire. Merde, c’est intact! Le monde se transforme, et moi de même, mais pas ça!
Souffrance qui ne me prépare en rien à la future absence des autres êtres que j’aime, ce qui me confirme que ce sera encore pire, que cette souffrance originelle contient beaucoup de naïveté et de pureté qui seront absentes lors des prochaines.
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Et pourtant, un soir, dernièrement, j’ai compris à quel point je tenais à cette souffrance, qu’elle n’était pas une chose extérieure mais entièrement mienne, une construction personnelle à laquelle je peux mettre un terme si je le désire. Et cela fait bien plus peur que la souffrance elle-même.
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Importante leçon à retenir : Les gens ont la fâcheuse impolitesse de vous rappeler la responsabilité de vos échecs, alors qu’ils ont plutôt tendance à croire que c’est à eux que vous devez vos réussites.
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Je ne sais pas où j’ai trouvé le temps de lire un millier de pages en une semaine. Et cela, sans souffrir d’insomnie!
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Mais j’ai beaucoup pleuré en lisant le journal d’Hélène Berr.
